Face au cancer Essononco vous accompagne au quotidien

Vie intime et cancer

Le cancer et ses traitements peuvent venir perturber l’existence d’une sexualité épanouie. Ces répercussions peuvent être temporaires ou plus durables mais entraînent souvent des inquiétudes pour le  malade qu’il est parfois difficile de partager avec son conjoint ou bien même avec des professionnels de santé.

Quelles sont les répercussions de la maladie sur la sexualité ? Quelles solutions peuvent être envisagées ?

Sandra et Marie, infirmières en hôpital de jour et consultations d’annonce, sont amenées à faire face à ces questionnements des patients atteints de cancer, dans le cadre de leurs suivis mais aussi au cours d’un atelier d’éducation thérapeutique qu’elles animent sur cette thématique… Elles nous font partager cette expérience.

Les perturbations de la vie intime et de la sexualité

La maladie peut venir troubler la vie intime des individus touchés par le cancer. Il peut être important de connaître ces conséquences pour mieux y faire face.

La souffrance psychologique (dépression, anxiété…) inhérente à la maladie peut suffire à elle seule à entraver le désir sexuel. Les changements physiques (chute des cheveux, mastectomie…) perturbent souvent l’image du corps et représentent une réelle blessure narcissique. Reprendre confiance en soi et en son corps est peut être alors une première étape pour retrouver l’envie de séduire l’autre.

D'autres troubles, davantage fonctionnels, peuvent également être présents. Ils dépendent directement de la localisation de la pathologie ainsi que des traitements. Il peut s’agir de l'apparition d'une sécheresse des muqueuses, de  douleurs, de bouffées de chaleur, de troubles de l’érection… La baisse de la libido est fréquemment constatée et peut découler directement de la chimiothérapie.

Ouvrir le dialogue !

Face à cela, il peut être important de se tourner vers le personnel soignant qui peut fournir des conseils ou orienter vers des professionnels spécialisés (psychologue, sexologue…). Pourtant cela n’est pas toujours facile: la sexualité pendant la maladie, reste un sujet tabou pour les patients comme pour les soignants.

Face à l’angoisse suscitée par le cancer, il n’est pas toujours évident de parler des perturbations de la vie sexuelle. « Quand les personnes apprennent la maladie, ce n’est pas forcément ce qu’ils ont en tête d’emblée » nous explique Sandra. Un sujet qui « n’est pas la priorité »,  ni pour les patients soucieux de l’avenir ; ni pour les soignants dont la préoccupation première demeure le soin.

Le personnel soignant n’est pas toujours formé pour aborder ces questions et certains considèrent que cela ne relève pas de leurs compétences. Les patients et leurs conjoints n’osent souvent pas poser de questions non plus.

Marie explique alors aborder, lors de consultation, les effets de la maladie sur la vie intime au même titre que les autres effets secondaires. Elle rajoute «l’important est surtout d’ouvrir le dialogue sur un sujet qui peuvent les préoccuper malgré tout et d’informer. Souvent les questions ne viennent pas tout de suite, mais les patients savent qu’ils peuvent revenir vers le professionnel s’ils en éprouvent le besoin. »

Les solutions existent

Ouvrir le dialogue et permettre une communication entre patients/soignants mais surtout entre les conjoints est primordial pour surmonter ces difficultés. Il faut conserver «  le lien et la communication entre les partenaires» poursuit Marie.

En effet, face à ces bouleversements, il est important de ne pas se sentir seul. Le patient peut se sentir coupable vis-à-vis de son partenaire. Le conjoint, quant à lui, est aussi touché par le cancer de son partenaire et ne sait pas toujours comment accompagner et soutenir au mieux.  Pourtant des solutions simples existent.

Il est important de prendre en compte la situation de chacun et de cerner exactement les besoinsde la personne afin de proposer des solutions adaptées. Par exemple, une femme ayant des difficultés avec son apparence suite  à une chirurgie mammaire, peut avoir recours à des vêtements adaptés ou à des prothèses.

De plus, s’aménager des moments à deux, faire des sorties, faire appel à tous les sens lors de massages par exemple sont autant de petites astuces qui peuvent contribuer à poursuivre ou retrouver une vie intime plus épanouie à deux.

Une meilleure prise en compte de ces difficultés par le corps médical

Marie et Sandra l’ont constaté, les patients énoncent souvent le désir que les médecins ouvrent en premier le dialogue autour de ces difficultés. Une meilleure prise en charge, une information plus accessible pourraient permettre un meilleur accompagnement des patients. Depuis plusieurs années, des progrès tendent à être fait dans ce domaine.

Ainsi, depuis deux ans des rencontres « Cancer et sexualité » ont lieu et participent à une meilleure formation des soignants. Un référentiel des bonnes pratiques sur ce sujet a aussi été conçu.

Dans le cadre d’un projet d’éducation thérapeutique sur l’hôpital de Bligny, Marie et Sandra animent quant à elle différents ateliers dont l’un porte sur la vie intime et la sexualité. Chacune des participantes peut alors échanger sur son expérience et partager ses solutions avec d’autres patientes dans la même situation.

La ligue contre le cancer met aussi à disposition des brochures informatives sur la sexualité féminine et masculine pendant la maladie. (Télécharger les brochures ici).

Face aux difficultés rencontrées, oser en parler, être orienté, trouver des  solutions est possible. Mais, il n’existe pas une recette magique, hormis celle de saupoudrer chaque situation de tendresse, d’humour et de  beaucoup d’amour ; à chacun et chacune de suivre son rythme et de se respecter avec ce  qu’il est aujourd‘hui.